La Gare Franche

Photo: Elodie Crézé & Beccaria-Architecte

La compagnie des passages a été associée à la Gare Franche (dans le 15e arrondissement de Marseille) notamment sur les questions de transmission.

Cela a pris des formes différentes : dans un premier temps la création d’une petite bande appelée «  Microcosmos » nom donné en écho à la Cie Cosmos Kolej. Artiste de la Gare franche. Ces jeunes gens volontaires de la 6e à la 3e nous retrouvaient le mercredi après midi pour faire du théâtre.

Cette volonté d’apporter une pratique régulière du théâtre au collège a été fortement relayé par une enseignante et nous avons travaillé avec des « classes théâtres » (mélange d’élèves de 4e et 3e). Le théâtre que nous proposons alors est un théâtre qui se concentre sur la conscience de l’espace, de soi et de l’autre, et qui précise une qualité de présence, en passant par des improvisations sans textes, et des situations où le corps est premier.

Quand nous abordons des textes, il s’agit de textes contemporains jeunesse, comme Bouli Miro de Fabrice Melquiot, Mongol de Karine Serres, Obliques à la Terre de Philippe Crubézy, Cupidon de Pauline Sales…ou des extraits de roman qui deviennent matière d’imagination d’une forme théâtrale, comme les Châteaux de la colère d’Alessandro Barricco…

La compagnie est aussi intervenue de façon plus ponctuelle sur des actions de sensibilisation au théâtre (entre 6 et 8 séances), il s’agit alors de déconstruire l’image qu’ils ont du théâtre, de ce qu’est le théâtre, et de partir avant toute chose d’une plus grande conscience du corps, et de l’espace et de convoquer chez eux l’exigence et la précision.

Photo: Elodie Crézé & Beccaria-Architecte

Dans les classes

Les spectacles dans les classes…. Ou comment le théâtre peut prendre sa place à l’école pour insuffler des questions sociales ou politiques, créer du débat et de la réflexion par le biais de la littérature et du frottement entre réel et fiction.

 Photo: Muriel Leroy

Après la création du spectacle en théâtre de « Sous un ciel de chamaille » le dispositif des actions éducatives du département nous a demandé si nous pouvions intervenir dans les classes. Le spectacle n’avait pas été pensé sous cette forme : il a donc fallu inventer une « petite forme » ludique, qui a permis à la fois à l’équipe d’être dans le plaisir du jeu et de l’échange, et aux élèves de se sentir impliqués et questionnés mais aussi spectateurs d’un théâtre simple et immédiat qui se mettait en place sous leurs yeux avec peu d’artifice.

Photo: Véro Flye Sainte Marie

 Les échanges ont donc pu porter à la fois sur les questions de théâtre : qui ? où ? quand ? comment ? que se joue-t-il ?, que sur les questions de fond de la pièce : la relation entre Lirane et Ferhat, et ce qui en découle : la question Israël- Palestine, mais aussi la relation fille-garçon ; également la question de l’eau, ou du manque d’eau…

Une complicité et un échange se sont créés avec les élèves, ce qui a d’ailleurs permis que la représentation ensuite dans les théâtres soit très bien reçue.

Les Femmes savantes, variations

Femmes Savantes, variations est une exploration théâtrale de diptyques proposant la mise en écho de l’œuvre de Molière les Femmes Savantes (extraits choisis) et d’un ensemble de courts textes contemporains (en correspondance avec les thématiques principales identifiées dans l’œuvre : la famille, l’éducation et la préciosité/le snobisme).

Cette proposition donne à voir les correspondances contemporaines avec le texte classique, la modernité de ses thématiques et donne à entendre la richesse de la langue et des différentes écritures.

Des extraits de la pièce ont été choisis par rapport à ces thématiques principales mais la langue de Molière est conservée en l’état et c’est le texte lui-même qui est interprété. En parallèle, des commandes d’écriture ont été faites à trois auteurs contemporains (Michel Bélier, Sabine Tamisier et Philippe Crubézy) autour de ces mêmes thématiques et même structures dramatiques (nombre de protagonistes notamment).

Photo: Véro Flye Sainte Marie

Chaque auteur a écrit sur une thématique en écho à la pièce de Molière, et fait exister ainsi des correspondances, cela donne à chaque fois naissance à un diptyque composé du texte classique et du texte contemporain. Le spectacle ainsi constitué dure une petite heure.

Nous présentons cette proposition directement dans les salles de classes, auprès de lycéens et de collégiens. A proximité immédiate des élèves, en poussant concrètement les tables et les chaises d’une salle de classe, en utilisant l’espace et le mobilier in situ et enfin en leur permettant d’entendre un texte classique porté plus librement, cette proposition trouve un écho et un sens particulier.
Elle offre de faire tomber le quatrième mur, propose une approche inédite de ces questionnements. De toute évidence, cela génère une autre écoute en proposant une exploration moins académique, plus libre et moderne mais tout aussi exigeante. En abordant ainsi ces thématiques et ces textes avec les élèves, la compagnie offre à engager une réflexion, moins univoque, à susciter l’échange, à ouvrir d’autres prismes…

Partenaires : Théâtre le Sémaphore-Port de Bouc, Scènes et Cinés/Théâtre de l’Olivier Istres, Comoedia Aubagne/Distillerie, Théâtre de Lenche

Les centres sociaux

Photo: Romain Giusiano

C’est la cinquième année que la compagnie mène un travail, en lien avec le Parvis des Arts et la MPT Kléber (tous deux dans le 3e arrondissement de Marseille), avec un groupe de femmes. L’enjeu est ici forcément différent qu’en établissements scolaires. Comment le théâtre peut permettre aux femmes, souvent dans des situations familiales un peu cloisonantes, de parler, de se livrer, de prendre de la distance sur ce qu’elles vivent par le biais du théâtre et de l’imaginaire ? La Compagnie propose des sujets et nous travaillons à partir de leurs témoignages que nous mettons en forme. L’apprentissage par cœur n’est pas souhaité, le spectacle qu’elles présentent au Parvis des Arts se construit donc beaucoup à partir d’improvisations. Les sujets abordés sont la famille, l’éducation, l’amour, les changements urbanistiques, la langue….

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