Du Nord au Sud, un récit d’expérience…

En 2014, dans le cadre de son travail de création, Wilma Lévy a proposé un travail à deux classes de lycée (une classe du Lycée Saint-Exupéry dans les quartiers Nord de la ville, une classe du lycée Marseilleveyre dans les quartiers Sud) qui mêlait théâtre, géographie, et espace: Du Nord au Sud et réciproquement.

« Quelles perceptions avez-vous de votre quartier, de votre ville? Y percevez-vous des frontières? Comment? Lesquelles? ».

Il s’agissait de nommer des sensations et d’identifier certaines réalités géographiques et sociales de cette ville en s’appuyant sur les notions explorées dans le programme scolaire autour du territoire. A travers ce projet, l’idée était de créer une rencontre, d’offrir un espace d’échange et de partage entre ces publics et de les amener à co-construire ensemble une proposition artistique.

Nord/Sud, un récit d’expérience revient sur cette proposition, en propose une analyse objective, pas tant sur son déroulement mais davantage sur ce qu’il a fait émerger comme questions, comme évidences, comme témoignages..

En s’appuyant sur différents sources (élèves, enseignants, partenaires…), on y évoque la déception de l’école, la souffrance du monde enseignant, la naïveté partagée, les incompréhensions, les situations la question sociale… mais aussi les « bijoux » trouvés et la conviction que l’art offre à décloisonner…

On y parle de l’école, de la place de chacun, de la pression sociale et du sentiment de trahison que l’on ressent lorsque l’on tente d’échapper à son milieu d’origine.
On s’y livre de façon brute, on se refigure par le jeu des situations, des protagonistes… des vécus, de la matière, mise en écho avec les textes d’Annie Ernaux, notamment La place et les Armoires vides, très ancrés sur la question du rapport de l’individu à son territoire.
Il s’agit ici de partager ces questions et ces tentatives avec le public…

En plein work in progress, cette proposition se construit actuellement à travers le travail d’écriture et de mise en scène de Wilma Levy, avec la complicité d’Anyssa Kapelusz et le regard extérieur de Jennifer Lauro Mariani

Cette proposition sera présentée prochainement à la Friche Belle de mai dans le cadre de la Biennale des Ecritures du Réel #3. Elle est accompagnée par le Théâtre de la Cité et soutenue par le Théâtre Massalia, et la Gare Franche.
La compagnie est régulièrement accueillie en résidence dans le cadre de ce projet à La Gare Franche, au Studio/Théâtre le Merlan-Scène Nationale et au Théâtre des Salins.

Plus d’informations sur Du Nord au Sud, un récit d’expérience

Dates

2016
> 19 mars à 19h, Salle Seita à la Friche Belle de Mai
> 22 avril à 15h et 23 avril à 20h à la Distillerie-Lieu de Création, Aubagne dans le cadre de Place aux Compagnies
> 10 novembre à 19h, au Théâtre la Cité, Marseille

2017

> 1er mai dans le cadre du festival Colères du Présent, Arras
> 1er juin au Complexe du Crabe, Bonlieu-sur-Roubion
> 8 novembre à 19h00 au Théâtre Comoedia, Aubagne
> 23 au 25 novembre à 20h30 et 26 novembre à 17h00 au Théâtre Les Argonautes, Marseille
> 2 décembre à 17h00 à l’Hôtel de Guines à Arras, dans le cadre du Cabaret des Colères 

2018
> 6 au 27 juillet à 10H50 (salle 1) au Théâtre Artéphile à Avignon, dans le cadre du festival Avignon OFF

Nawal, Juliette et moi…

Projet artistique en coopération avec la Tunisie, dans la continuité du travail autour des Femmes Savantes.

Il y a quelques années, alors que je travaillais à Marseille, dans un collège des Quartiers Nord sur des textes de témoignages de femmes issues de l’immigration et arrivées en France dans les années 60-70, des remarques de jeunes filles m’ont bouleversée. « Nous savons que nos parents ont déménagé, sont venus ici, pour que nous, on puisse faire des études.» « On n’a pas envie de faire des études » « On veut se marier » « Il faut se marier dans sa communauté »

Je pars d’un texte classique Les femmes savantes de Molière suite à une confrontation au réel. Ces quelques phrases ont résonné dans ma tête et je suis retournée vers ce texte de Molière, les femmes savantes, dont les deux figures principales, deux soeurs, s’opposent. L’une désire tout simplement se marier et tourne le dos au savoir, et l’autre sacrifie une vie amoureuse pour le Savoir, en suivant l’exemple chaotique et caricatural de sa mère. Qu’est-ce que la société nous imprime encore comme modèle ? Qu’est-ce que la famille elle-même vient imposer ? Et si quelques femmes d’exception que nous regardons comme des héroïnes du quotidien, sont arrivées à concilier héritage familial et émancipation, pourquoi pour tant d’autres il semble si difficile de le faire ?

Les deux soeurs des femmes savantes sont l’une et l’autre prisonnières de modèles qu’elles suivent (le père qui porterait la tradition familiale, et la mère qui dans une société où s’ouvrent des salons choisit, pour elle dans une volonté de prise de parole et d’émancipation, de prendre une place dans cette société). Et pourtant le modèle sociétal et le modèle parental peuvent être, et sont le plus souvent, aliénants. Comment dépasser, transcender ou concilier ces choix pour construire son émancipation et sa propre liberté en tant que femme ? C’est avec ces questions en écho aux femmes savantes que je souhaite me rapprocher de femmes. La difficulté me semble plus grande encore quand on est entre deux cultures.

Ce projet se construit pour moi en plusieurs parties. La première a vu le jour au cours de la saison 15/16, en collaboration avec des auteurs contemporains. A ma demande trois auteurs (Sabine Tamisier, Michel Bellier et Philippe Crubézy) ont ainsi écrit des textes en correspondances à ces Femmes savantes, sur trois thématiques que j’ai dégagées de la pièce : la famille, l’éducation et la préciosité. L’objectif de ce projet était pour moi un projet « éducatif » : faire entendre la langue de Molière et une langue contemporaine, en diptyque dans les établissements scolaires (grands collégiens et lycéens) et échanger avec les élèves à l’issue de ces représentations. Cela a très bien fonctionné dans cet objectif. Les questions soulevées par la pièce parlent toujours aux jeunes générations, et la langue de Molière, interprétée de manière concrète leur parvient.

J’ai éprouvé la nécessité d’aller plus loin et de creuser plus avant ces correspondances. En effet, ma première intuition sur ce texte (un écho à la Méditerranée) m’a amené à constituer une équipe de comédiens français qui portent tous dans leur histoire, une double culture méditerranéenne (Tunisie, Algérie, Arménie). Cette distribution a apporté au texte de Molière, une modernité et quelque chose de très concret, néanmoins la transposition était trop timide. J’ai donc décidé d’assumer cette première intuition et de revenir au moteur essentiel qui a fait que c’est ce texte-là et non un autre qui s’est imposé à moi.

Calendrier

2016

> 23-26 Novembre: Participation Journées Théâtrales de Carthage: rencontres professionnelles, partenaires

2017

> 13-23 mars: Résidence à la Villa Dar Eyquem à Hammamet (Tunisie) et à Tunis
> 17-20 avril: Intervention théâtrale auprès d’étudiants en littérature à l’Université de la Manouba
> Printemps 2017: Seconde résidence de travail à Tunis

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